Grossesse et post-partum : le rôle de l’activité physique encore trop peu parlé
- Sophie Rosinger

- 19 juin
- 3 min de lecture
Par Marie-Pier Dombrowski, fondatrice de Womency
Il n’y a pas si longtemps, les femmes enceintes étaient énormément restreintes dans leur activité physique. On recommandait souvent de diminuer drastiquement l’intensité, d’éviter plusieurs mouvements et parfois même d’arrêter complètement certains sports par peur de nuire à la grossesse.
Aujourd’hui, les nouvelles recommandations canadiennes ont énormément fait évoluer cette vision. On comprend maintenant que, pour une femme qui était déjà active avant sa grossesse et qui ne présente pas de contre-indications médicales, il existe beaucoup plus de possibilités qu’on le croyait autrefois. L’objectif n’est plus de limiter les femmes par peur, mais plutôt de les accompagner vers une pratique adaptée, sécuritaire et respectueuse de leur réalité.

Les bienfaits de l’activité physique pendant la grossesse sont aujourd’hui bien démontrés dans plusieurs études.
Bouger régulièrement peut contribuer à diminuer les risques de dépression post-partum, soutenir la santé mentale, améliorer l’énergie, le sommeil et aider les femmes à mieux vivre les transformations physiques et émotionnelles liées à cette période.
Au-delà des bénéfices physiques, plusieurs femmes réalisent aussi à quel point le mouvement devient une façon de reconnecter avec elles-mêmes pendant une période où tout change rapidement. Continuer à bouger pendant la grossesse permet souvent de conserver un sentiment d’équilibre, de confiance et même une partie de son identité dans une étape où plusieurs femmes peuvent parfois avoir l’impression de se perdre un peu à travers la maternité.
Cela dit, même si les recommandations ont évolué, ça ne veut pas dire qu’on doit ignorer les signaux du corps. Le poids du bébé, les changements hormonaux et la pression exercée sur le plancher pelvien créent une charge supplémentaire sur le corps. C’est exactement pour cette raison qu’un suivi avec des professionnels formés en périnatalité, notamment en physiothérapie périnéale, peut faire une énorme différence.
Certaines femmes peuvent vivre des symptômes abdomino-pelviens comme des sensations de lourdeur, de pression, des douleurs ou des fuites urinaires et croire que c’est “normal” parce qu’elles sont enceintes. Pourtant, ce sont des symptômes qui méritent d’être évalués et accompagnés. Être suivie permet non seulement de prévenir certaines problématiques, mais aussi de continuer à bouger avec beaucoup plus de confiance et de sécurité.

Et qu’en est-il du retour à l’activité physique après l’accouchement ?
Pendant longtemps, le fameux “6 semaines de repos” était présenté comme une règle absolue. Aujourd’hui, cette vision a beaucoup changé. Les nouvelles recommandations encouragent davantage les femmes à être à l’écoute de leur corps plutôt qu’à suivre une date fixe identique pour tout le monde.
On comprend maintenant qu’une reprise graduelle du mouvement peut être bénéfique beaucoup plus tôt qu’on le pensait, lorsque la situation médicale le permet. Cela ne veut pas dire recommencer immédiatement les entraînements intensifs ou ignorer la récupération, mais plutôt reconnecter tranquillement avec son corps à travers des gestes simples et progressifs.
Les recherches démontrent d’ailleurs qu’il y a énormément de bénéfices pour la santé mentale des nouvelles mamans lorsqu’on ne les restreint pas inutilement dans leur activité physique. Pour certaines femmes, aller marcher doucement quelques jours après l’accouchement, prendre l’air ou bouger légèrement peut déjà contribuer à améliorer l’humeur, diminuer le stress et aider à retrouver un certain équilibre mental.
L’important reste toujours de recommencer par la base, de respecter son rythme et surtout de rester attentive aux symptômes que le corps peut envoyer. Chaque post-partum est différent, et il n’existe pas une seule bonne façon de récupérer après un bébé.
Au final, l’activité physique pendant la grossesse et le post-partum ne devrait pas être vue comme une question de performance ou de retour rapide “comme avant”. Le mouvement peut devenir un outil précieux pour soutenir autant le corps que la santé mentale des mamans à travers toutes les transformations que cette période apporte.



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