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« Fais un bon choix » : pourquoi cette intervention ne fonctionne pas avec nos tout-petits"

Une lecture développementale et relationnelle.


Qui n'a jamais entendu ces phrases? "Fais un bon choix", "Tu connais la consigne, tu as fais le mauvais choix". Dans les milieux éducatifs et familiaux, il est fréquent d’entendre les adultes les employer. Dans les CPE et les écoles primaires, une affiche est même bien souvent accroché sur les murs, question qu'on ne l'oublie pas?

Ces interventions sont souvent utilisées avec l’intention d’enseigner à l’enfant à mieux se comporter, à réfléchir avant d’agir et à développer son sens moral. Pourtant, lorsqu’on comprend bien le développement de l’enfant et qu’on s’intéresse à l’approche relationnelle et développementale (allo Sarah Hamel et Krysta Letto!) ces interventions apparaissent largement inadaptées aux capacités des jeunes enfants. Non seulement elles sont peu efficaces, mais elles peuvent aussi freiner certains processus développementaux essentiels.


Chez le jeune enfant, la capacité de faire un choix réfléchi repose sur les fonctions exécutives : inhibition, mémoire de travail, flexibilité cognitive et planification. Or, ces fonctions sont en plein développement durant l’enfance et ne sont pas encore pleinement opérationnelles chez les tout-petits. Bien au contraire, les recherches montrent que ces fonctions sont directement liées à la régulation émotionnelle et à la compétence sociale : lorsqu’elles sont immatures, l’enfant agit davantage sous l’effet de ses émotions et de ses impulsions que par réflexion volontaire. Autrement dit, demander à un jeune enfant de « faire un bon choix » revient à lui demander d’utiliser des capacités neurologiques qu’il ne possède pas encore pleinement.


Alors, lorsqu’un enfant frappe, crie ou refuse de faire une tâche demandée, il ne fait pas un « mauvais choix »: il exprime un état interne (fatigue, frustration, surcharge sensorielle, besoin relationnel) qu’il ne sait pas encore réguler autrement.


Alors comment faire?

Les enfants se développent et grandissent à travers une relation qui est sécurisante. Ton mini a besoin de sentir qu'il sera accompagné à travers cette situation et non puni pour son geste impulsif. Mets-toi à sa hauteur, reflète-lui ce que tu as perçu: "je sens que tu as besoin d'espace mon coeur. Tu es fâché que ton ami ait pris le jouet que tu voulais. Viens avec maman." Rapelle-toi que de dire à un jeune enfant de « faire un bon ou un mauvais choix » repose sur notre vision, à nous, d'adulte, mais que ça ne prend pas nullement en compte de la réalité neurodéveloppementale et relationnelle de l’enfant. Le comportement que ton mini n’est pas un choix moral ou intentionnel, il faut plutôt le voir comme un message. L’intervention la plus efficace n’est donc pas de demander à l’enfant de faire mieux, mais de l’aider à comprendre, à ressentir et de co-réguler.


 
 
 

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© 2024 par Émilie Martineau

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